samedi 28 novembre 2015

Relève du courrier



Releve du courrier 




Bon. On ne tricote toujours plus. On réfléchit.

On prévient, c'est long.

On est un petit peu embêtés.


La présidente d'un parti d'extrême-doite nous a écrit. Pas que à nous, mais à tous les artistes du Nord. Pas personnellement, mais dans un article du Monde.

Vu qu'on a un numéro d'immatriculation d'artiste et qu'on habite le Nord, forcément on se sent concernés.

Bon qu'est-ce qu'elle dit?

Qu'elle nous aime. Qu'on ne doit pas avoir peur. Qu'on sera respecté, accompagné, aidé. Qu'on aura des locaux très fantastiques avec plein d'autres artistes très fantastiques. Qu'on aura un agent officiel et gratuit. Qu'on aura notre photo dans des trop beaux catalogues, des attachés de presse  Qu'on fera des expositions partout, dans des lieux de prestige. Même au Grand Palais à Paris. Pour le Moma, c'est pas précisé dans la lettre, mais on a bon espoir, ça devrait être possible aussi. On suppose en tout cas.

C'est beau.

Pratiquement inconditionnel tout cet amour.


Juste à pas trop trop fréquenter les FRAC (Fonds Régionaux d'Art Contemporain).

A faire terroir et patrimoine. Si possible régional le patrimoine.

Et puis à pas trop trop parler des migrants, il précise le responsable culture de la dame qui nous a écrit.



Chacun vote bien comme il veut. Donc peut-être que ce grand maelstrom d'amour, dans quinze jours, on y sera.

Sauf qu'il y a un truc qui nous embête un peu.

On va pas tout reraconter, mais quand on a fait la Wool War, on marchait sur une corde raide. Raconter la guerre, cet immense gâchis universel ,résultat désastreux de haines et rancoeurs distillées au goutte à goutte dans les têtes, jusqu'à ce que la seule issue possible soit la guerre.

On est pas devenus historiens en travaillant sur cette guerre, mais on a compris quelques trucs. Enfin un surtout. Que les guerres, toutes les guerres, sont le résultat des erreurs des générations précédentes.

If any question why we died, tell them because our fathers lied. Il a écrit ça Kipling.

Si on vous demande pourquoi nous sommes morts, dîtes-leur parce que nos pères ont menti.

On a juste compris ça.

Que nos erreurs, on ne les paie pas cash. On les transmet aux générations suivantes. Un genre d'héritage maudit que les gens se passent  de père en fils, jusqu'à ce qu'il devienne explosif, incontrôlable. Et bim, la guerre. Pas toujours la même guerre, mais la guerre.

La haine de l'autre, la peur de l'autre, la désignation de l'autre comme celui qui serait la menace, le péril, le danger, c'est toujours le creuset de cet héritage maudit. L'Austro Boche, le Boche, le Juif, l'Arabe, le migrant, le trop noir, le pas assez blanc, le pas trop trop français, le pas assez conforme aux moeurs admises, le pas du même avis, ... Une fois qu'on a semé les graines, il n'y a plus qu'à laisser pousser. C'est facile la haine. Ca finit toujours par exploser, il n'y a plus qu'à attendre.

Ce qui nous pose souci, c'est ça.

La responsabilité face aux générations à venir.

Avec le tricot, ce truc populaire, terroir, patrimoine, avec la guerre 14, l'Histoire, on est pile dans le coeur de cible. On devrait pouvoir avoir notre tête dans des beaux catalogues, avoir un attaché de presse, un atelier somptueux dans un village d'artistes fabuleux, aller au Grand Palais, au Moma, au Louvre, à Versailles, des justaucorps à paillettes pour fouler les tapis rouges  ...

Sauf que non merci.

Si on accepte une petite pièce ou des valises de billets pour que son travail puisse se promener un peu partout, à la condition qu'un logo soit apposé sur les affiches, si on accepte qu'on utilise ces milliers d'heures de travail pour faire valoir l'action d'une instance administrative, quelque part, on avalise le reste.

 En l'occurrence que l'art contemporain se débrouille tout seul. Qu'il y ait un art estampillé acceptable.

En l'occurrence qu'on ne parle pas aujourd'hui des migrants, et demain d'autres, parce qu'ils seraient un péril. Comme les Austro Boches.


Au Délit, on a pas trop envie de passer cette patate chaude explosive à nos enfants, petits enfants, arrière petits enfants. On a même pas envie d'y poser un doigt.

Jusqu'à aujourd'hui, on a pu montrer notre travail avec l'aide de gens très chouettes avec qui rien ne nous gênait. Avec qui le message n'était pas instrumentalisé, dévoyé.

Si les choses devaient changer dans 15 jours, on sera sans doute obligé de renoncer à des choses possibles et sacrément enthousiasmantes. Mais c'est pas grave;

Parce que si chacun vote bien comme il veut nous, notre travail on en fait bien ce qu'on veut, et rien du tout si on a envie.


La gauche, la droite, rien ne nous embête. Ca nous fait rager parfois, mais c'est le jeu démocratique. Des fois on gagne, des fois on perd.

L'extrême-droite, il n'y a pas moyen. Les gens, vous faîtes comme vous voulez, on a pas à vous dicter votre vote mais nous aussi, on fait comme on veut.

On se passera des catalogues, des ateliers, des attachés de presse, des lieux de prestige, des justaucorps à paillettes.

Tant qu'on peut se regarder dans la glace, ça nous va.

Donc merci madame pour votre gentille lettre, mais non merci, sans façon.













samedi 21 novembre 2015

On a pas parlé de liberté, égalité fraternité et on a parlé que de ça








Bon.

Laissez tomber, les gens, il y a des choses que la laine ne peut pas transfigurer. Pas moyen. Et pour les mots, les plus belles choses, les plus fortes, les plus terribles ont été dites. On ne rajoutera rien.

Dans tout ce bazar, il y a eu une espèce de percée, minuscule, insgnifiante.

C'était hier. Dans un collège ZEP de Lille. On nous y avait invité à écouter ce que les ados avaient compris de la Wool War One qu'ils avaient étudiée pour l'épreuve d'Histoire des Arts.

On nous invite, on y va. Avec beaucoup de curiosité. Qu'est-ce que les enfants de 13 ans de 2015 ont à dire? Le sujet, ils ne l'ont pas choisi, la guerre 14 est loin loin d'eux, l'art, on ne sait pas ce qu'ils en connaissent, le tricot, on présume qu'ils s'en fichent.



Quand on est entré dans la salle, ils se sont tous levés. Tous le sourire au lèvres. Bienveillants, accueillants. Aimables.

Deux élèves, deux filles avaient préparé un travail autour de la Wool War One. Elodie la blonde, Leïla la brune. Debout devant le diaporama des soldats de laine, elles ont pris la parole, agrippées à leur feuille couverte de petits mots serrés à l'encre bleue. A tour de rôle, elles ont parlé de ce qu'elles avaient compris de  cette affaire de guerre en laine. Elles étaient intimidées, gênées, mais elles ont assuré, maîtrisé la voix qui tremble un peu.

Les autres écoutaient. Pas un bruit. Pas un élève à qui il a fallu remonter les bretelles, pas un chut, pas un froncement de sourcils. Juste ils écoutaient leurs copines qui parlaient.

Elles ont dit guerre, soldats, monde, humains, mort, fil, lien, fragilité, homme, femmes, mémoire, commémoration, hommage, elles ont parlé des 500 tricoteurs, elles ont parlé des paquets qui se sont baladés dans le monde entier, elles ont dit que c'était beaucoup de travail, que tout seul, c'était pas possible.

Elles ont parlé longtemps. Les autres écoutaient toujours. Elles ont dit "ben moi j'ai un avis" et leur avis, elles l'ont donné. Et il était pertinent cet avis. Sacrément pertinent.

Après, c'était le temps des échanges pas préparés, spontanés. Celui où souvent il ne se passe rien, où un silence pesant et interminable s'installe. Sauf que pas là. Au collège Verlaine, quand on invite les gens, c'est pas pour des prunes. Faut pas gâcher. Ils ont des questions, plein, et ils ont bien l'intention d'avoir les réponses.

Pourquoi ils n'ont pas d'yeux? Il y avait beaucoup de laine? On peut dire que la vie ne tient qu'à un fil?

On a parlé de la place des femmes, on a parlé de la laine qui réchauffe, on a parlé du lien, on a parlé de la mémoire qu'eux et nous adultes partageons, on a parlé des soldats qui venaient du monde entier, comme nos pères, grand-pères, arrière-grand-pères à nous tous dans cette salle. On a parlé de la mère de Wilfred Owen On a parlé  du droit qu'on a de raconter des choses, tous, tout le temps, comme on veut. On a parlé de la légitimité ( cette chose où les gens te reconnaissent le droit de), on a parlé des gens anonymes et légitimes qui ont contribué à faire que cette histoire a pu être racontée.

On s'est tous emballés, on a parlé de l'art qui était à tout le monde, que raconter, avoir un avis, aimer, détester, comprendre, pas comprendre, il ne fallait pas demander l'autorisation. Qu'à force de farfouiller dans toutes les formes d'art, on trouverait bien, chacun, celle qui réussit à nous toucher. Sans demander la permission.

On a parlé de ce qui nous reliait les uns aux autres. Qu'on avait des choses en commun, cette chose qu'on appelle mémoire collective, où il y a tout un fatras de choses et de gens, Ribery, Einstein, la Joconde, la guerre, la première, la deuxième, Psy et le Gangnam Style, Didier Deschamps... Une espèce d'immense espace où on partageait des tas de choses  et où chacun a à apprendre aux autres parce qu'il a plein les poches des trucs à faire découvrir aux autres.


Ha ben oui. Ca a été le bazar. Ils avaient plein de choses à dire et on n'avait qu'une heure. Ils l'ont blindée l'heure, en ont pas perdu une miette. On leur a donnée, l'heure, ils l'ont prise. Donner c'est donner, reprendre c'est voler.

Trois grands grands gamins ont montré ce qu'eux avaient fait, avec du fil, un masque entre masque africain et totem métal, cousu et brodé à grands points de fil fin, un pantin articulé de tissu, plastique carton, un message secret enfermé dans une toile de fil. Abdel qui timidement avoue que l'idée lui est venue d'Ovide.


Ovide et Ribery. La guerre et le lien. La mémoire collective.

On a pas parlé de la barbarie. On a pas parlé du vivre ensemble. On a pas parlé de la beauté et de l'art.

On a pas parlé de liberté égalité fraternité.

Et on a parlé que de ça.











jeudi 5 novembre 2015

WWO au WTM



WWO au WTM 



Bon. 

La WWO est allée au WTM à Londres. 

On se demandait un peu ce que ça allait donner, cette affaire. 

Raconter la guerre en laine dans un des plus gigantesques salons de tourisme du monde, est-ce que ça allait fonctionner? 

Dans l'écrin magique du Musée de La Piscine à Roubaix, le long des colonnades pleines d'Histoire du Grand Palais à Paris, on le savait qu'on allait pouvoir. La lumière, les murs, tout était exactement comme il fallait pour raconter une histoire. C'est pour ça que les gens vont dans les musées, dans les monuments prestigieux, pour qu'on leur raconte des histoires, en marbre, au pastel, en terre, en photo, et pourquoi pas en laine. Parfois ils aiment, d'autres fois non, mais c'est pour ça qu'ils sont venus, pour écouter des histoires. 



Le WTM, c'est autre chose. Un hall immense, bruyant, effervescent, une lumière crue, des stands et des stands qui se télescopent, des gens partout, en costume, en tailleur, des gens qui marchent vite, des dossiers sous le bras. 



Ils ne sont pas venus pour entendre des histoires les gens au WTM. Ils sont venus pour le business, les affaires. Pour tout voir, il faut qu'ils courent, pas une minute à perdre. 




C'est là qu'on a posé la Wool War de dimanche à jeudi. Entre les danseuses de Copacabana et les chaînes hôtelières. 

C'était pas gagné. 

Et c'est pour ça qu'on a dit oui. Parce que c'était pas gagné. 

Quand la Mission du Centenaire et Atout France nous ont soufflé l'idée du WTM, on s'est dit chiche. Chiche qu'on essaie. Juste pour voir si on va pouvoir raconter une histoire à des gens qui n'ont pas le temps, dans un endroit pas fait pour ça. 

Donc on a posé l'armée de laine sous une immense arche et on a regardé ce qui se passait. 

Dans l'allée principale, les gens en costume,en tailleur et en badge passaient très vite, à balayer du regard les bannières des stands, jusqu'à ce que leurs yeux se posent sur la longue file accablée. Temps d'arrêt. Tête penchée d'un côté, puis de l'autre, puis re de l'autre. C'est quoi ça? 

Le premier pas dans l'allée hésitant, à soupeser si dans ce marathon du business, on va pouvoir perdre des minutes à juste essayer de comprendre ce que c'est que cette chose. 

Et là, ils ont fait exactement comme à la Piscine, comme au Grand Palais. Ils se sont penchés, ils se sont mis à genoux, ils ont remonté la file, à regarder les détails, se sont relevés pour regarder de loin, puis re de près, ont posé leurs dossiers pour prendre  des photos, ont cherché du regard des explications, ont lu les bannières qui parlaient des 500 tricoteurs. ils ont posé les mêmes questions qu'à La Piscine, qu'au Grand Palais, ils ont raconté les mêmes histoires d'arrière-grand-pères, les Anglais ont cherché les Anglais, les Ecossais les Ecossais, les Sénégalais les Sénégalais, les Australiens les Australiens. Comme à Lorette, chacun cherche les siens. 

Ils sont restés longtemps, puis ils sont repartis vers Copacabana et les Resorts, mais n'empêche. Là où il ne fallait pas, alors qu'ils n'étaient pas venus pour ça, on leur a  raconté une histoire qu'ils ont écoutée. Sûrement parce que c'était un peu leur histoire à eux aussi. 

On se demandait si le sens et l'émotion allaient résister à un environnement différent, et puis oui. 

On peut raconter des histoires partout, du moment qu'il y a des gens à qui les raconter. 

Ca nous plaît bien cette idée-là. 
















samedi 10 octobre 2015

Tricote Ton Tresor : (Re)naissance illuminée. Minimalisme à la Brueghel


Tricote Ton Tresor 

(Re)naissance illuminée

Samedi 17 octobre 2015 





Bon.

Samedi 17 octobre, La Nuit des Bibliothèques. 


Le Ms158 sort de sa cachette et avec lui les sirènes, licornes, hybrides insensés, moines sans tête, dragons ...


Après un an de travail d' une vingtaine de Lillois, des grands, des petits, du jersey endroit, des aiguilles 2, on sort de notre cachette


Ca se passe à la médiathèque Jean Levy de Lille.

Dans le Nord. 

Pour la scénographie, on aurait pu choisir le minimalisme. 

Une bibliothèque feutrée, des gens qui chuchotent, toute cette culture dans toutes ces pages, la présence fantômatique des Proust, des Balzac, des Stendhal qui plane un peu partout. Une bibliothèque, la littérature, le savoir ... Une affaire sérieuse quoi...

Sauf que non. 

Parce que ça se passe à Lille. 

Dans le Nord. 

Tout près de chez Brueghel. 

Donc on a fait minimaliste à la Brueghel (sans Brueghel, mais à la Brueghel quand même)






Donc...

Une braderie. On s'est dit qu'une braderie ce serait bien. Comme une kermesse, mais avec des livres. 

A partir de 10 heures et jusqu'à 19h, des montagnes de livres contre de la monnaie trébuchante, des livres partout, des livres d'art, des BD, des livres avec des histoires dedans, des livres de tout...  Tous à vendre et à acheter. Une braderie quoi. 


De la musique. Il faut de la musique . Le minimalisme flamand sans musique, ce n'est pas possible. 

Une fête sans musique, ce n'est pas une fête. 




Donc à 16h, un théâtre concert, avec le groupe de deux de Deux Fois Rien. Une histoire des émotions de la vie en musique. "Pour soulager le monde de sa pesanteur"

Ca oui, on s'est dit que c'était bien pour une fête. 


A 17h, les gens de la médiathèque parleront de leurs histoires d'amour avec les livres de la rentrée, avec des coeurs pleins les yeux. 

A 19h, les choses vont se gâter. Comme dans une fête. 

C'est à 19h que la naissance du dragon est programmée. 

Le gros dragon. Pas les petits riquiquis du sous-sol ou des enluminures. Le gigantesque dragon. Quatre mètres sur quatre, des yeux démoniaques, des pattes griffues, des ailes gigantesques. Un hybride de dragon moyenâgeux et d'animal targaryen. 

En jersey.

Enchaîné dans le hall. 





Fidèles à notre détermination de minimalisme, on a pensé qu'une naissance en musique ce serait bien. Et en danse. 

Pendant que la bête naîtra, dans un déferlement de fumée et d'éclairs, les élèves des classes de danse du Conservatoire à Rayonnement Régional de Lille célèbreront l'évènement comme il faut. 

Grâce et fureur (sans Rubens, mais à la Rubens quand même)

Rubens. Ronde Paysanne




Et une magicienne aussi. 


Et l'ensemble Tormis pour les roulements de tambour. 

Copyright Tormis


Si on arrive à maîtriser la bête de l'atelier au plafond de la médiathèque, ça devrait être une naissance minimaliste toute en sobriété très fantastique.  



Pour achever d'effrayer les enfants, à partir de 20h, c'est lectures en pyjama  : les gens de la médiathèque leur raconteront des histoires de licornes, de monstres, de dragon  et tout et tout. 

Jusque 22h, tous les quarts d'heure, les tricoteuses du projet Tricote Ton Trésor emmèneront ceux qui le veulent dans les sous-sols de la Médiathèque, là où est caché le Ms158. Histoire de plonger dans l'univers des créatures échappées du livre d'heures du 15è siècle. 



Pendant ce temps-là, à l'étage, ce sera bal médiéval, branles et pavanes.

Brueghel. La danse de la mariée en plein air




Et buvette. 


Au Délit, le minimalisme à la Brueghel, on trouve ça très fantastique. 


********************


Après la ribouldingue du 17octobre, on se calme un petit peu. Le dragon gigantesque et les créatures en jersey échappées du livre d'heures,resteront visibles dans le hall de la Médiathèque Jean Levy mais sans danse, sans musique, sans fumée et sans éclairs jusque janvier 2016.



















mercredi 7 octobre 2015

Tricote ton Trésor J- 10 : Des loups très effrayants



TRICOTE TON TRESOR 

J-10


Dans le Ms158, il y a des loups 



Des loups en cape brodée d'or





Des loups très effrayants



Nuit des Bibliothèques
Médiathèque Jean Levy à Lille
Le 17 octobre à partir de 19h

lundi 5 octobre 2015

Tricote ton Trésor. J-12 La femme à grand front



TRICOTE 
TON TRESOR 

J-12



Dans le Ms158, il y a des femmes à grand front







à suivre ...

Nuit des Bibliothèques
Médiathèque Jean Levy à Lille
17 octobre 2015 à partir de 19h

samedi 3 octobre 2015

Tricote ton Trésor : J-14 . Le Ms158



TRICOTE
TON TRESOR 

Le Ms158




Bon. 

Au départ, il y a le Ms158.

Le Ms158, c'est un livre d'heures (un genre de livre religieux) réalisé pour le mariage de Roland de Wedergate et de Catherine van der Camere vers 1480.
Après la Révolution et tout et tout, le Ms158 se retrouve dans les collections de la Bibliothèque de Lille, où depuis, il reste bien caché, à l'abri de l'air, de la lumière, des doigts, des gens. 

Le souci, c'est que caché comme ça, personne ne le voit. 

Du coup, avec les gens de la Médiathèque,  on s'est dit

Tiens, on va le tricoter









Et c'est ce qu'on a fait.

Avec une vingtaine de tricoteuses acharnées de Lille, on a sorti de sa cachette le trésor de la bibliothèque et on a tricoté toutes ces choses bizarres que les enlumineurs illuminés du XVè ont dessiné dans les marges. 

L'avènement du tricot médiéval en fait.

à suivre .... 


Nuit des Bibliothèques
Le 17 octobre à partir de 19h
Médiathèque Jean Levy de Lille





vendredi 2 octobre 2015

Tricote ton trésor : Sauve la date



TRICOTE TON TRESOR

Sauve la date


Bon. 


Chaque jour, d'ici au 17, on en dira un petit plus sur cette nouvelle affaire. Un genre de teasing en jersey endroit aiguilles 2.

Mais déjà, petit un, retenir la date.

L'avènement du tricot médieval, c'est le 17 octobre et c'est à la médiathèque Jean Levy de Lille à partir de 19h




à suivre ...

jeudi 24 septembre 2015

4595 mercis

4595 mercis




Vous avez été 4595 à passer les portes des Galeries Nationales du Grand Palais à Paris pendant  les journées du patrimoine 2015.

4595 quoi.

4595 à monter l'escalier sous le regard sévère du grand Pablo, comme un écho à la thématique Poilus. Lui immense, nous tout petits.




4595 à vous être déplacés pour écouter l'histoire en jersey qu'on voulait vous raconter.

Le moins qu'on puisse faire, c'est bien de vous remercier.

C'est parti.

Merci au Grand Palais qui a reçu l'armée de laine avec prévenance,  attentions, bienveillance et professionalisme. La scénographie juste parfaite, l'armée seule, silencieuse, au centre d'un espace dégagé, éclairée par les vitres immenses du palais,  sans que rien ne vienne parasiter l'histoire qu'elle raconte. Aussi silencieuse que les tombes alignées,  aussi grave.
Des coussins au sol comme une invitation à s'asseoir, à prendre son temps.
A distance, sur de grands panneaux aux couleurs fanées, les clés de lecture de cette chose étrange en jersey endroit. Et des conférenciers passionnants et passionnés pour mettre des mots et faire vivre tout ça. En coulisse, un fantastique travail auprès des scolaires avec la rédaction d'un dossier pédagogique remarquable.  Des ateliers pour enfants, des tablettes interactives ... Pour tout ça et bien plus encore merci.

Merci aux personnes, qu'elles aient pu venir ou pas, qui ont accepté de nous suivre dans cette affaire, de se débrouiller avec l'organisation et les explications un brin nébuleuses, de tricoter, tricoter, tricoter pour au final faire de toutes ces mailles une histoire cohérente à mille mains. Merci. Infiniment.

Merci aux enfants des écoles, même les pas sages. Parce qu'ils mélangent toutes les guerres, parce que leur grand- mère elle aussi elle fait des trucs avec des bâtons en fer, parce qu'ils demandent au guide si lui aussi il a fait la guerre, parce qu'ils trouvent que le malheur c'est comme les sacs, lourd à porter, parce qu'ils secouent la main très vite en trouvant que neuf millions, c'est vraiment beaucoup, et parce que des fois, ils arrêtent de se pousser, ils se couchent au sol et approchent un doigt d'un minus riquiqui soldat pour le toucher délicatement.  Avant de se remettre à se pousser et de rigoler. Merci.

Merci aux gens qui ont accepté de se pencher au sol, pour dépasser le seul nombre et aller y voir de plus près.
Merci à ceux qui ont soufflé et souffert pour se relever et qui ne nous en ont pas voulu.

Merci à tous ceux qui ont raconté des petits bouts de leur histoire à eux, que la Wool War a réveillés.

Merci à ceux qui pensaient voir la nef, qui ne l'ont pas vue, qui ont renoncé à tout casser pour se pencher sur les mailles, sont restés, nous ont posé trois milliards de questions et  sont ressortis même pas furieux.

Merci aux Canadiens, Turcs, Anglais, Allemands, Belges, Italiens, Vietnamiens, Africains, Marocains, Algériens,  Chinois, qui ont parcouru lentement l'armée en cherchant les leurs, comme à l'anneau de mémoire de Lorette où chacun cherche les siens.

Merci à tous ceux qui ont fait le lien entre cette cohorte silencieuse et d'autres cohortes de gens qui n'ont plus rien, emportés par une folie furieuse.

Merci au visiteur aveugle qui a découvert l'armée avec ses mains et du coup nous l'a fait découvrir autrement.

Merci à la Mission du Centenaire qui promène dans ses poches des soldats en laine un peu partout dans le monde pour que l'on puisse raconter la même histoire plus loin, encore et encore.

Merci au Musée de la Piscine où le projet a pris corps et où  la Wool War a mis un beau bazar.

Merci à FedEx,  à l'Association pour la Mémoire des Chemins de Fer, aux Amis de la Piscine

Merci à notre marraine la bonne fée. Ne lui en déplaise, on continuera à lui hurler merci dans les oreilles à chaque fois qu'on en aura l'occasion.

Merci au journaliste de la Voix du Nord qui a suivi l'affaire depuis le début,  qui est venu à Roubaix puis à Paris et qui a pris les photos qu'on n'a absolument pas eu le temps de prendre.
Elles sont là et elles sont très belles.


Merci à l'ado qui est sorti en grommelant que c'était tout pourri et qui nous a fait beaucoup rire.

Merci à tous ceux qui nous ont compliqué la tâche pour des raisons obscures, qui ont espéré qu'on se casse la binette et qui ont renforcé notre détermination à mener ce projet au bout du bout de ce qui était possible.

Merci aux gens qui sont sortis du monde virtuel pour venir voir IRL

Merci à Caroline, Muriel, Charles

Merci à Isabelle,

Merci à Hervé,  Marion, Louise, Adèle,  Jeanne

Merci à Renaud, Sylvette, Sophie, Pauline, Maria, Sylvaine,  Nicole, Élisabeth  ...

Bon en fait, 4595 mercis, c'est pas possible. C'est trop et c'est effrayant d'oublier quelqu'un.
N'empêche.



Merci.

jeudi 10 septembre 2015

Il y a 100 ans et maintenant


19 et 20 septembre 2015

Grand Palais 

Paris







Après la Piscine à Roubaix et avant de partir bientôt défiler hors des frontières, très très loin,  les 780 (et un) soldats de laine font une halte au Grand Palais à Paris les 19 et 20 septembre 2015.

Il n'y a rien qu'on n'ait pas dit là-dessus. Parce qu'on est allé au bout de tout ça.

Au moment de poser l'armée de laine dans une chambrée de l'hôpital militaire qu'était le Grand Palais il y a 100 ans, il y a des choses qu'on a écrites à son propos qui prennent aujourd'hui une résonnance particulière.

Quatre millions de mailles. C’est beaucoup trop. Cela voudrait dire que chaque maille, équivaut à deux morts. C’est vertigineux et ça fait peur.


On le sait que c’est du tricot. De la laine. Pas du marbre. Pas du bronze. Pas la plus petite trace de matériau noble. La guerre, ce n’est pas noble. C’est une affaire de petites gens. Partout, tout le temps. Avant et maintenant.

A coups de pied de biche, à 500 appuyés contre le mur, avec les talons, on a essayé de faire entrer de l'humanité dans trois brins de laine. On a enlevé tout ce qui était accessoire, inutile. On a débroussaillé à la machette, à la sulfateuse, pour ne laisser que l'essentiel. L'humanité.



Un défilé silencieux, l'humanité, des gens, juste des gens embarqués dans une folie furieuse qui n'en a rien à faire des frontières et qui nous renvoie  à notre responsabilité collective, il y a cent ans et maintenant. 




Infos
http://www.grandpalais.fr/fr/magazine

Dossier pédagogique (très fantastique)
http://www.grandpalais.fr/fr/article/wool-war-one-le-dossier-pedagogique





jeudi 27 août 2015

Aux marches du Palais (Rencard)


RENCARD 



Bon.






La drôle d'histoire continue. 

Et on sera contents de la raconter encore et encore, même si elle est un peu triste et qu'on a un peu peur. 

Viens. On t'invite. 

Tu trouveras facilement, c'est un  rudement Grand Palais et des rudement petits soldats.

On est prêts. 



vendredi 17 juillet 2015

POINT D'ETAPE



DELIT MAILLE 

POINT D'ETAPE


Bon. Alors.


On dirait qu'on ne fait rien

Sauf que non. 






Petit un, on prépare l'armée de laine pour son grand voyage de septembre, pour les Journées du Patrimoine 2015. Les paquetages à distribuer, les musettes à fermer, les pans des vareuses à remonter, les casques à remettre d'aplomb, les godillots à lacer...Emmener les 780 soldats de la Wool War One jusqu'au Grand Palais, c'est un petit peu de travail. On aurait bien vu un défilé derrière la fanfare sur le Pont Alexandre III, mais on va faire plus simple. On va juste les installer le long d'une coursive du Grand Palais et raconter 780 histoires minuscules. Ce sera mieux. 

On a repéré les lieux et rencontré les guides-conférenciers qui vont accompagner les visites ces deux jours-là. On les a bien senti un peu sceptiques quand on a commencé à leur raconter la Wool War, un peu perdus quand on a essayé d'expliquer les choses qu'on avait en tête, les soldats de l'empereur chinois, les tranchées, la marche accablée, la laine qui figure de loin la terre fouillée et ravagée, le dérisoire et le tragique. Pendant qu'on parlait, une petite voix essayait bien de nous dire de faire plus simple, plus concis, qu'on était juste incompréhensible avec nos histoires de guerre mondiale en laine sans armes, nos impressions de cimetières militaires, ces milliers de tombes et cette sensation étrange en arpentant les allées pleines de gamins d'ici et du bout du monde, de chaussettes tricotées qui prenaient l'eau dans les tranchées, on leur a parlé des tricoteurs du monde, de la Norvège à l'Australie, de Dunkerque à Bonifaccio, la petite voix nous disait qu' on allait les perdre les conférenciers, avec tout ce bazar embrouillé , ... Et en fait non. Ils n'étaient pas perdus, les conférenciers. Ils étaient même  attentifs, penchés en avant , les mains sur les genoux, à écouter et écouter, ou affairés à griffonner sur leur bloc Exacompta toutes ces choses décousues qu'on leur racontait. Quand ils ont dit que ces histoires-là, ils avaient vraiment envie de les raconter aux visiteurs de ces jours-là, qu'ils allaient mettre tout leur talent de guide au service d'un truc en laine, quand on les a vus touchés et prêts à prendre leur place dans cette nouvelle étape de cette bizarre étrange expérience de tricoter la guerre à mille mains, on a encore une fois trouvé cela très étrange, très étonnant, mais très bien. On leur a confié tout notre bidule les yeux fermés. On sait qu'ils feront ça très bien de raconter.

Quand les 780 seront prêts, que les vacances seront terminées, quand la date du défilé approchera ( 19 et 20 septembre au Grand Palais à Paris), on reviendra vous redonner rendez-vous. On sera prêts . 





Petit deux, on coud de la peau de dragon en jersey pour Lille 3000.





 Mais ça, on en parlera en septembre, après la marche sur Paris. On a encore beaucoup à faire, des mètres de peau grise, des photos de licornes évadées, des lettrines brodées, des centaines d'écailles, des hybrides échevelés et des femmesà grand front, des entrelacs floraux médiévaux...  Là aussi, on sera prêts. 

Si, on sera prêts. 

On n'a pas trop le choix en même temps. Il faut qu'on soit prêts. 


Petit trois, on essaie de toutes nos forces de tenir loin loin loin de nous la nouvelle idée de truc étrange qui peu à peu germe dans un coin de notre tête. Qu'on sait qu'on ne fera pas, 
C'est trop grand, trop infaisable, trop n'importe quoi. On sait qu'on ne l'appellera pas la Cité radieuse et qu'on ne passera pas deux ans à le faire. Vu la croissance exponentielle des images qu'on a en tête, c'est pas gagné qu'on arrive à ne pas le faire. 

En attendant, on part en vacances, sans laine, sans aiguilles, sans Internet. Au fond d'une forêt. Bien cachés.
 Et si on commence à avoir un petit peu trop peur de toutes ces choses qu'il reste à faire et de comment les gens vont trop nous lapider à coups de pelotes de laine en septembre et octobre, on construira une cabane et on restera là à manger des baies sauvages et boire l'eau des ruisseaux, seuls et hirsutes pendant les cinquante prochaines années, à se dire que dehors, après la forêt, toutes ces affaires de Grand Palais et de dragons, c'est vraiment effrayant et que c'est mieux de rester là bien planqués. 

Bonnes vacances les gens. 

jeudi 18 juin 2015

Délit Bac Français : Les liaisons Dangereuses

Arty Délit: Tricote tes Liaisons Dangereuses

 DELIT MAILLE

Délit Bac

Tricote 
tes Liaisons Dangereuses




Bon. Philo c'est fait. 

Français maintenant. 

Les Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos en jersey endroit.

Kit pratique pour une présentation enfin claire de l'intrigue un petit peu compliquée de ce roman de 1782 où ça manigance comme pas permis.  

En résumé, l'histoire, c'est celle d'une libertine , la marquise de Merteuil, qui, furieuse d'avoir été quittée par son amant du moment, décide de se venger en déshonorant la fiancée de ce dernier, Cécile de Volanges, tout juste sortie du couvent, et donc la marquise appelle à la rescousse un de ses anciens amants, le vicomte de Valmont, afin qu'il séduise Cécile et que l'amant soit dégoûté de s'être fait avoir comme un novice, mais le problème, c'est qu'à ce moment-là, Valmont, un libertin aussi est occupé à tenter de séduire la Présidente de Tourvel, une bigote pas drôle, mariée et fidèle, un vrai challenge pour Valmont. Valmont dit donc non à la marquise à propos de Cécile de Volanges, que vraiment ce n'est pas possible là tout de suite. La marquise de Merteuil , jamais à court d'idée, se dit pas grave je vais faire autrement. elle devient la confidente (hum hum) de Cécile  et la pousse dans les bras du chevalier Danceny, maître de musique. Comme elle est vraiment très machiavélique, elle fait aussi un nouveau pari avec Valmont, comme quoi, s'il lui apporte la preuve écrite que la Présidente a cédé, elle veut bien offrir une nouvelle fois ses charmes à Valmont. Seulement, ce qui se passe, c'est que la Présidente Tourvel résiste à Valmont, vu que madame de Volanges, la mère de Cécile, la promise de l'ex de la marquise, la dissuade de poursuivre sa relation avec Valmont, en lui répétant (à la Présidente) toutes les horreurs que la marquise lui a susurrées dans l'oreille à propos du vicomte. Du coup, le vicomte décide de se venger de la mère de Cécile en acceptant finalement de séduire la protégée de la marquise. Il va même tellement la séduire qu'elle sera enceinte de lui . Pendant ce temps-là, la marquise séduit le maître de musique, mais comme elle a toujours en tête de se venger de l'ex qui l'a quittée et qui allait épouser Cécile, elle fait lire à Danceny les lettres de Valmont qui prouvent que Cécile (dont Danceny est amoureux) avec Valmont... Furieux comme pas permis, Danceny provoque Valmont en duel. On ne sait pas trop bien si Danceny a tué Valmont ou si Valmont s'est donné la mort volontairement dans le duel, mais en tout cas, il meurt (Valmont). Sauf qu'avant de mourir, il donne à Danceny toutes les lettres que la marquise lui a écrites, pour que tout le monde connaisse son vrai visage de très machiavélique marquise. Histoire de se venger de l'avoir entraîné dans ce mic mac. Donc Valmont meurt, Danceny part à Malte, la présidente de Tourvel meurt folle quand elle apprend que Valmont, qu'elle aimait quand même est mort, Cécile de Volanges entre au couvent et la marquise devient borgne à cause de la petite vérole.Voilà.

Bref, on n'y comprend rien.

Au Délit, on s'est dit ce qu'il faudrait en fait, ce serait un kit. Pour mettre un peu d'ordre dans tout ce bazar.

Le kit Choderlos comprend les instructions détaillées et les fournitures nécessaires à la réalisation:
- d'une marquise de Merteuil 
- d'un vicomte de Valmont
- d'une Cécile de Volanges
- d'une Présidente de Tourvel
- d'un chevalier Danceny


De la débauche, de la dissimulation, des amants, des maîtresses, des complots, des alliances, de la stratégie, des péripéties.

Le kit Choderlos, de la littérature, mais en laine




la marquise



Cécile de Volanges


Danceny


Valmont






encore Cécile de Volanges





la Présidente

la marquise + Cécile





Cécile + Danceny




la marquise + Valmont



Valmont + la présidente


Valmont + Cécile


Valmont + Cécile + Danceny

la marquise + Danceny

lundi 15 juin 2015

Délit Bac (re)tricote ton allégorie platonicienne

DELIT BAC 

(re) Tricote 
ton allégorie platonicienne 


Bon. Mercredi bac philo. 

Au Délit, on s'est dit qu'un kit de révision ce serait bien. 

Le kit Platon, la première allégorie platonicienne en jersey. 





C'est un homme. Il est enfermé depuis toujours dans une caverne. On ne sait pas pourquoi, mais c'est comme ça. 




Derrière lui, il y a un feu. Mais il ne peut pas le voir parce qu'il est enchaîné et il ne peut pas se retourner. On ne sait pas non plus pourquoi.




Du coup, tout ce qu'il peut voir, c'est le mur en face de lui. 




Alors il le regarde.



Tout le temps.


Sur le mur, il voit les ombres des choses qui passent derrière lui. Sauf que comme il ne sait pas qu'il y a un derrière lui, ce qu'il voit, il croit que c'est la réalité. Les vraies choses. Il leur donne des noms, il en discute avec ses camarades de caverne et tout. 
Parfois ils sont d'accord, d'autres fois non, mais il n'y en a pas un pour croire même une seconde que ces choses qu'ils voient, elles sont toutes déformées, qu'elles n'existent même pas.



Parfois, il trouve ça bizarre.



Parfois il trouve ça géométrique.



Alambiqué



Montagneux.



Rayonnant.




Joli.






Scintillant




Et puis voilà qu'un jour, on détache l'homme de la caverne et on lui montre qu'il y a un derrière lui. Avec de la lumière.



Du coup, il y va.


 C'est dur, mais il avance. Allégoriquemment, c'est la science, la montée.





Jusqu'à bim, la lumière. La connaissance.




 Et les vraies choses. Les vraies choses qui faisaient les ombres qu'il prenait pour les vraies choses quand il ne savait rien de rien dans le fond de sa caverne.






Et il retourne à sa caverne.



Voilà.  L'allégorie de la caverne.  

En gros. 

Et en jersey. 

Le kit Platon. L'avènement du tricot philosophique. 

Enfin.